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TERRE CRUE ET BAMBOU, CÉLÉBRER LES RESSOURCES DU LIEU

  • cloeando
  • 6 janv.
  • 2 min de lecture

Samraong, Otdar Mean Cheay, Cambodge



Au Nord du Cambodge, à la frontière avec la Thaïlande, je découvre un centre de formation en agroécologie, porté par l’ONG Green Shoots. 

Ici, on enseigne des pratiques agricoles issues de la permaculture. Une manière de cultiver plus respectueuse des sols, du climat, du vivant. Et cette approche ne s’arrête pas aux cultures. Elle infuse jusque dans l’architecture du lieu. Le centre a été pensé comme un élément vivant d’un écosystème global.


Il s’enracine dans son environnement, d’abord par ses matériaux. Les murs sont composés d’un soubassement en briques de terre crue, au-dessus duquel repose des panneaux de bambou. Les briques de terre crue sont extraites du sol même du site. Cette base relie physiquement le bâtiment au terrain, tout en assurant fraîcheur et confort. La terre crue, utilisée depuis des siècles dans de nombreuses constructions vernaculaires — des tours à vent d’Iran aux greniers à riz cambodgiens — possède une grande inertie thermique. Contrairement à des matériaux comme le béton ou l’acier, elle absorbe la chaleur en journée pour la restituer la nuit, gardant les intérieurs frais même sous le soleil tropical.

Au-dessus, des panneaux de bambou fendu et tressé créent une enveloppe légère et respirante. Ils filtrent la lumière, laissent circuler l’air, et dessinent une atmosphère douce et poreuse.

Le tout s’ouvre sur des jardins cultivés en polyculture, mêlant plantes, ombre et nourriture. Ici, l’architecture ne s’isole pas du paysage : elle en fait partie. 


L’architecte Edward Dale-Harris parle de “faire émerger le bâtiment à partir du site”.

Pour lui, l’architecture vernaculaire, comme la permaculture, commence par l’écoute. C’est travailler avec les éléments — terre, vent, eau, feu — en respectant leurs cycles. Utiliser ce qui est là, ne pas gaspiller, mais "célébrer les ressources du lieu".


Et ce centre n’est pas seulement un lieu de formation par ce qu’on y apprend, mais aussi par la manière dont il a été construit. Le chantier lui-même a été ouvert, participatif, conçu pour transmettre — des techniques, mais aussi un rapport à la communauté. Car ici, beaucoup de mains ont façonné les murs. Et cela se ressent. Le lieu porte en lui cette énergie collective. Le bâtiment est habité, au sens profond du terme.





 
 

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